Quand on aime la couleur, le soleil, la mer, la nature - la vie tout simplement- on aime les oeuvres des peintres dits « provençaux », en tous cas ceux qui se sont établis en Provence et qui font chanter leurs tableaux.
Il s'agit peut-être d'un phénomène de mode, car le Marché est inondé de ce type de toiles, mais comment résister au bleu des oliviers, de la mer et du ciel, au rouge des coquelicots, au jaune du blé, au vert des prairies?
La beauté des paysages provençaux façonnés par le vent et desséchés par le soleil, la lumière éclatante de l'arrière-pays mais aussi son âpreté, tout est réuni pour exalter les coloristes et les spécialistes de la matière et du couteau.
Ce sont les héritiers des CEZANNE, BRAQUE, DERAIN, et autres BONNARD et UTRILLO...
Franck DUC a une vision synthétique du paysage méditerranéen, il cristalise toute la lumière sur la pierre; Alain BORDIER se sert de deux ou trois couleurs et d'une épaisse couche de matière pour obtenir davantage de luminosité; Marc VIGNERON joue sur les contrastes et les plans rigoureux pour dynamiser l'espace en de multiples perspectives; Aurélien ORTEGA met de la musique dans ses toiles avec de larges rayons de lumière irisée qui métamorphosent ses constructions; Gérard GOUVRANT a le sens du rythme et la touche subtile grâce à son superbe coup de crayon qui sait mettre en valeur la pureté des formes; Francis MARECHAL met en exergue les détails pour dégager une impression de mouvance et donner vie à la nature; Jean-Louis HONNET compose entre l'azur du ciel, la flore de la guarrigue et les ondulations du relief pour éclater ses toiles de couleur.
Les tableaux exposés ci-dessous sont autant d'exemples de la production actuelle; j'ai bien d'autres toiles du même jus et je referais sûrement un billet sur Jean-Louis HONNET, Ray POIRIER et Gérard GOUVRANT, par exemple, juste pour le plaisir de vous enivrer une nouvelle fois de toutes ces couleurs et de toutes ces odeurs de thym et de lavande que l'on respire à la simple vue de ces compositions.
On entend même le clapotis de la mer et le chant des cigales, non ?
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| Franck DUC | Alain BORDIER |
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| Marc VIGNERON | Marc VIGNERON |
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| Aurélien ORTEGA | Gérard GOUVRANT |
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| Françis MARECHAL | Jean-Louis HONNET |
Bonnes fêtes de fin d'année à tous, dans la joie, la bonne humeur et la plénitude !
L'estampe est une forme d'Art unique au monde reposant sur une technique alliant la peinture, la gravure et l'impression.
Scènes de rues, rendez-vous amoureux, beuveries, portraits de courtisanes, paysages et impressions de voyages constituent les thèmes majeurs de l'ukiyo-e (estampe en japonais), qui se développe du XVII au XIX ème siècle, en particulier à EDO (TOKYO), puis décline ensuite durant l'ère Meiji (1868-1912) au profit d'un art pictural d'inspiration occidentale.
Introduite par les missionnaires boudhistes chinois au 6e siècle, l'impression sur bois, est longtemps réservée à la production d'images religieuses. Au début du 17e siècle, une longue période de stabilité commence. Les marchands des cités prennent en mains l'essor culturel du Japon. Des quartiers de divertissements se constituent dans lesquels circulent des livres illustrés narrant la vie tumultueuse de ce monde éphémère de plaisirs (ukiyo : monde flottant; e : image).
Notamment des manuels présentant des images érotiques sont édités en grand nombre. Puis émergent les premières gravures glorifiant l'atmosphère joyeuse de ces quartiers. En tant que support de communication les estampes servaient à présenter les acteurs des pièces de théâtre, elles représentaient des faits d'actualité, offraient des rébus, proposaient des maquillages… Mais, c'est au début du 18e siècle, quand apparurent les premières reproductions sur bois, que naquit véritablement l'art de l'estampe.
L'ukiyo-e s'élabore de la façon suivante : Le dessinateur crée un dessin sur une feuille de papier de riz. Le dessin est ensuite appliqué sur une planche de cerisier humidifiée au préalable. Le graveur frotte le papier afin que le dessin s'imprime sur la planche. La planche est gravée et enduite d'encre. Elle est alors appliquée sur du papier, obtenant ainsi une estampe. Pour réaliser des estampes en couleur, plusieurs planches sont gravées, colorées et appliquées l'une après l'autre.
Mes estampes ont été réalisées par : UTAMARO, TOYOKUNI, EIZAN, KUNISADA, HIROSHIGE, KOCHORO HOSAI, GEKKO, KUNIYOSHI et HOKUSAI, tous artistes reconnus.
En voici quelques unes.
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Le musée CERNUSCHI, deuxième musée d'art asiatique en France, a réouvert ses portes en juin 2005.
C'est un magnifique hôtel haussmannien, situé à l'orée du parc Monceau à Paris, qui abrite les collections acquises par le banquier philanthrope Henri CERNUSCHI, léguées à la ville de Paris à sa mort en 1896.
J'ai déjà parlé de ce musée dans mon billet sur l'érotisme chinois et japonais mais je n'avais pas évoqué la collection permanente que vous pouvez découvrir, gratuitement, dans ce site magnifique, clair, où les pièces exposées, plus de 900 pièces, sont parfaitement mises en valeur sur un parcours rigoureusement chronologique.
Le musée possède quelques rares statues bouddhiques, du Vème au VIIème siècle, mais aussi un remarquable Bouddha en bronze du XVIII ème (époque Edo) en provenance de Meguro, un faubourg de Tokyo, qui accueille les visiteurs dans la grande salle du premier niveau.
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On peut voir un magnifique ensemble de vases en bronze, illustrant l'art des dynasties des SHANG (1550 - 1050 av JC) et des ZHOU (1050 – 221 av JC), de beaux éléments de construction en pierre ainsi que quelques peintures chinoises du XXème, mais, bien évidemment, ce sont les céramiques et les terre-cuites qui ont fait mon admiration.
Des vases funéraires du néolithique aux cavalières musiciennes des TANG, en passant par les stickmen et les dames de cour des HAN, les personnages du zodiaque et les animaux, c'est un véritable régal !
J'ai apprécié, en particulier, une oie imposante polychrome des HAN de l'ouest, la finesse des traits d'une servante de la même époque, l'expressivité des jeunes femmes formant l'orchestre des 8 cavalières que j'ai déjà citées, un superbe chameau sancai, et, évidemment le célèbre "barbare à la corne", terre cuite glacée du VIIème de la dynastie des TANG.
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Il est très réducteur de se limiter à cet énoncé et je vous encourage vivement à visiter ce musée qui propose peut-être moins de pièces que Guimet mais qui, à mon avis, sait mieux les mettre en exergue du fait d'une utilisation rationnelle de l'espace et de la lumière, leur conférant ainsi une lisibilité quasi parfaite.
J'oubliais de dire (presque) le principal : j'ai eu la chance de bénéficier des commentaires éclairés d'une jeune guide asiatique, véritable puits de science, passionnée par son art et les deux heures de la visite m'ont semblé très courtes....
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Ce sont des chameaux de ma collection (et pas des dromadaires, rappelez-vous cha-meaux en deux syllabes et donc deux bosses...), en terre cuite, de l'époque TANG (618 - 907 ap JC).
En réalité même ceux qui n'ont qu'une bosse sont aussi des chameaux; je ne vais pas vous faire un cours de sémantique ou de physiologie sur ce mammifère, mais, pour les curieux, vous pouvez toujours aller sur ce site qui répondra à nombre de vos interrogations.
Revenons en à mes chameaux, qui, en compagnie notamment des chevaux, sont des animaux que l'on a retrouvé en grande quantité dans les tombes : deux sont des copies, un seul remonte à l'époque concernée.
J'ai acheté les deux reproductions lors d'un voyage à Shanghai et si l'une a été achetée en toute connaissance de cause, j'avoue que j'étais persuadé que la seconde pièce était bien d' « époque »...ce n'est qu'à mon retour en France que j'ai fait effectuer un test de thermoluminescence, qui a révélé une date récente de cuisson... Peu importe, je ne me suis pas ruiné pour autant et il est aussi beau qu'un vrai...au fait, lesquels sont les faux, lequel est le vrai ?
Pour vous aider un peu, je vous livre quelques exemples de chameaux de l'époque TANG, avec des traces de pigments rouge et orange ainsi qu'un "sancai" (3 couleurs, pour ceux qui ne suivent pas !) et deux autres terre-cuites qui sont des époques QI (557 - 589 ap JC) et YUAN (1271 - 1368 ap JC), ce qui est beaucoup plus rare.
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Epoque QI |
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Epoque YUAN |
Si vous ne trouvez pas, demandez moi la réponse...
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Comme tous les ans, à la même époque, se tient à Toulouse le Salon des Artisans d'Art.
Cette année, placée sous le signe de l'eau, ce sont plus de 200 artistes qui nous font découvrir toute la richesse du patrimoine artisanal et culturel francais.
Sur près de 5000 m2 d’exposition c'est une explosion de couleurs, de lumières, de formes : cohabitent le bois, la terre, la pierre, le verre, le cuir, la résine, la peinture, le papier, les métaux….Cette longue liste, qui d'ailleurs n'est sûrement pas exhaustive, illustre bien l'étendue et la variété des matériaux et matières qui prêtent vie aux objets, sous les doigts experts des artisans-artistes.
Beaucoup de mode, avec des vêtements "tendance" bien sûr et de nombreux accessoires en cuir, des chapeaux sympathiques, des bijoux superbement travaillés, des objets de décoration -une idée pour les fêtes-, des jouets en bois, de la poterie et de la céramique (ah, ces animaux en raku qui semblent sortir de leur tannière, et ces hommes du désert, avec quelle passion vous en parlez Monsieur MARQUET-GUERIN !)
Il y a vraiment de belles créations et je vous recommande d'y aller, ne serait-ce que pour le plaisir des yeux...Et si cette année c'est trop tard, eh bien il y aura sûrement une 27 ème édition !
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Et quelques détails, qui sont autant de coups de coeur !
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| Yann Verre à Vacquières (34)/ | Jedebois-Les mondes celtes à Saint Andiol (13)/ | Marquet-Guerin à St Etienne de Cuines (73) |
J'ai oublié de dire dans mon précédent billet que j'avais rencontré l'artiste lors d'une exposition dans ma région et que nous avions passé un long moment à bavarder ensemble, de peinture bien sûr, mais aussi de tas d'autres choses sur la vie en général...
J'en ai profité pour me faire dédicacer le tableau de clown que j'avais acheté et Juan a tenu à me dessiner des colombes...tout un symbole, non ?
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Juan COOK est né en 1948 au Chili; lorsque éclate le coup d'état de 1971, il fréquente encore les bancs de l'école des Beaux-Arts de Santiago; il est incarcéré, passe 5 ans et demi en prison puis est chassé de son Pays.
Son passé de militant de gauche a forcément influencé sa peinture, il en parle lui-même en ses termes :
...au début, ma peinture était très politisée. Lorsque j’étais encore au Chili, je voulais devenir Che Guevara. On le voulait tous. La peinture venait après. La mienne a gardé l’empreinte de la culture chilienne : les couleurs, les traits noirs, les formes et les volumes sont caractéristiques. Les grosses mains, les grosses fesses et les gros nez : c’est ça notre culture, à nous autres Chiliens. Les Indiens sont très robustes physiquement, ancrés dans la terre. Les femmes aussi : elles marchent pieds nus pour sentir la nature, la " terre mère " comme elles l’appellent. Et elles ont de grosses mains à force de travailler la terre. Les mains sont très importantes car on fait tout avec : créer, aimer, tuer. Les mains concentrent la force et la puissance, mais aussi la délicatesse. C’est pour ça que j’aime bien les représenter dans mes toiles. Les couleurs, c’est pareil : au Chili, on en voit partout sur les murs. Chacun est libre d’y faire un dessin, de peindre des messages d’amour, de s’exprimer...D’un autre côté, ma peinture est très religieuse. C’est le paradoxe de tous les militants de la gauche révolutionnaire chilienne : conjuguer le marxisme et la religion... Petit à petit toutefois, mon style a évolué, influencé par la culture française. J’ai commencé à trouver mes couleurs trop vives, trop criardes, à utiliser des pastels. J’ai fini par apprécier les femmes blondes, plus minces, plus grandes...
Juan COOK est un des peintres, en dehors de la force de son message, qui m'ont fait découvrir et apprécier la peinture contemporaine; il est un de ceux qui sont à l'origine de ma passion : le bandeau de mon site et de mon blog en témoignent; sa maternité est expressive, profondément humaine; elle illustre l'idée du corps de souffrance qui se transforme en un corps délivré...
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La peinture de Juan COOK s'adresse tout d'abord à l'émotion : quelques traits suffisent à indiquer un sentiment, à exprimer un mal-être, à résumer la tristesse d'un personnage; Quel peintre attirant, Juan COOK ! Au sein de compositions où règnent perspectives et géométrie d'un art surréalisant, il ne craint pas de camper de curieux personnages d'une anatomie gigantesque, qui s'offrent à la douleur, au plaisir ou au désir avec une recherche et un modelé quasi sensuel que dément parfois l'expression pleine de mélancolie ou d'impassibilité des traits du visage tandis que s'épanouissent des corps généreux sous de brillantes couleurs.
Le temps estompe toutefois les blessures et l'artiste, aujourd'hui, en tous cas c'est l'impression que mon donnent ses récentes productions, semble apaisé : la violence des sentiments s'efface au profit de compositions moins marquées : fleurs et natures mortes; je viens même de découvrir de beaux dessins à l'encre de chine...
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Quelqu'un a dit qu'avec la musique et la poésie, il n'y avait que la peinture pour guérir les blessures les plus profondes de l'âme...C'est sûrement vrai.