La musique et la peinture font partie des arts majeurs, l’une a fortement inspiré l’autre au cours des siècles et il est bien rare qu’un peintre ne soit pas aussi musicien , ou, tout au moins, amateur de musique…
Les peintres baroques par exemple se sont approprié motifs et sujets musicaux afin d’en tirer indirectement un bénéfice esthétique profitable à leurs propres œuvres ; le luth et le violon ont inspiré le Caravage, la lyre Poussin, les instruments à vent (flûte, hautbois, cor ou trompette) ont été très représentés du moyen-âge jusqu’au XVIII ème siècle, on peut voir des orgues et des clavecins dans certains tableaux de Fragonard et de Vermeer tandis que les percussions ont alimenté la peinture flamande.
![]() |
![]() |
| VAN DYCK | VERMEER |
Nos peintres contemporains ne dérogent pas à cette observation et j’ai quelques toiles et lithos où les instruments, en particulier le violon, sont l’essence même du tableau :
| CALVET |
![]() |
![]() |
| KOUPETZIAN | WEISBUCH |
![]() |
| PIOTTO |
![]() |
![]() |
| COUTIN | VOGEL |
Dans mon dernier billet où j'évoquais mon vase zoomorphe , je vous avais annoncé une suite...
Né en Normandie en 1887, Marcel DUCHAMP commence à peindre dès l’âge de 15 ans avant de s’intéresser, très tôt, à la représentation du mouvement.
L'œuvre de Marcel Duchamp bouleverse radicalement l'art du 20e siècle. Avec l'invention, dans les années dix, du ready-made - une pièce que l'artiste trouve « already-made », c'est-à-dire déjà toute faite et qu'il sélectionne pour sa neutralité esthétique -, il ouvre la voie aux démarches avant-gardistes les plus extrémistes.
Tous les mouvements qui utilisent des objets de la vie courante, pour surprendre comme le Surréalisme, pour évoquer, critiquer, voire poétiser la société de consommation comme le Pop art et le Nouveau réalisme, ou pour réconcilier l'art et la vie comme Fluxus, lui sont redevables d'avoir transgressé les coutumes académiques. Après Duchamp, le carcan des médiums traditionnellement employés éclate et il devient possible d'utiliser n'importe quel objet, avec ou sans transformation.
C’est comme ça qu’il propose lors d’une exposition à New-York, en 1917, un urinoir ordinaire qu’il venait d’acquérir, le comité de sélection s’étant engagé à exposer n'importe quelle œuvre dès lors que son auteur participait aux frais…
Après l’avoir retourné et l’avoir signé du nom de Richard MUTT, pour parodier le propriétaire d’une grande fabrique d’équipements sanitaires, il estime que l’objet possède toutes les qualités extrinsèques d'une œuvre d'art…
![]() |
Marcel DUCHAMP, on aime ou on n'aime pas...Il a quand fait autre chose que mettre en exergue un urinoir et je vous invite à aller sur ce site , si vous souhaitez en savoir un peu plus...
![]() |
![]() |
Après une petite semaine de repos, je reprends ma plume pour vous présenter une de mes dernières acquisitions : un vase zoomorphe de l’époque « 6 dynasties », c’est-à- dire remontant à environ 420-589 ap JC, pour lequel j’ai craqué...
Le qualificatif de zoomorphe paraît évident, même si je ne suis pas arrivé à déterminer exactement quel est l’animal que l’artiste a voulu représenter.
Par contre, quand j’ai demandé au vendeur, un professionnel de l’art chinois, quel était le contenu du vase à l’origine, il a eu un large sourire et m’a gentiment dit : c’était un bourdalou…
Comme je n’arrivais pas à faire la relation avec les tartes sublimes du même nom, il a rajouté qu’en fait, un bourdalou était , à la Cour du roi Louis XIV, un pot de chambre…
J’ai donc acheté un urinoir !
![]() |
![]() |
![]() |
PS : L’Histoire dit que l'origine du mot bourdalou vient de la cour de Louis XIV où dans la chapelle royale l'abbé Bourdaloue avait l'habitude de faire des prêches interminables. Les femmes vêtues de robes longues et amples, emportaient en cachette leur bourdalou, le glissaient sous leur jupon (il n'y avait pas de culotte à cette époque) et pouvaient ainsi soulager leur vessie en plein prêche !
re PS : L’observation ci-dessus ne concerne pas ma terre-cuite qui, de toute évidence, ne concernait que les hommes !
re re PS : Pour ceux qui aiment l'art chinois mais qui connaissent un peu l'art contemporain, je poursuivrais dans un prochain billet, avec la Fontaine de Marcel DUCHAMP...
Certainement inspiré du Gracioso ou Paysan bouffon du théâtre espagnol, voire des valets " maladroits " de la Comédie italienne, on voit à la fin du 15ème siècle, en Angleterre, apparaître dans le théâtre Elisabéthain, ce personnage comique, volontiers niais, dénommé le CLOWN (sans doute dérivé du mot anglais " clod " qui désigne un paysan lourdaud et malhabile).
C'est semble t-il en 1816, sur un programme du Cirque Olympique, qu'apparaît pour la 1ère fois en France le mot Clown, mais orthographié " CLAUNE " : ce style de clown, acrobate comique et dresseur, souvent solitaire et muet, va petit à petit se couvrir de paillettes, de collerettes, de jabots, de perruques et maquiller son visage de BLANC.
De nombreux artistes contemporains se sont inspirés du personnage pour le peindre ; voici quelques uns de mes tableaux, dites-moi celui que vous préférez…
![]() |
| Juan COOK |
![]() |
| Gérard GOUVRANT |
![]() |
| Claude LORRAIN |
![]() |
| DABERT |