La Société France Enchères Art, gérée par Robert FERAUD, Commissaire-priseur, organise à l'Hôtel des ventes de MONTAUBAN, 2 fois par an, une vente d'arts d'asie.
Traditionnellement on y retrouve des estampes, des netsuke et okimono, des pièces d'archéologie, des armes, des bronzes et cloisonnés, des porcelaines, des tabatières et pipes à opium, des pierres dures et bijoux et, enfin, divers objets ethniques.
Les ventes ont lieu le dimanche et les objets sont exposés dès le vendredi; on peut les voir , les toucher, poser des questions à l'expert et...rêver !
La salle est petite, en général il y a peu de monde, des curieux qui viennent spécialement pour une pièce, mais aussi des professionnels et des collectionneurs.
Le personnel de l'étude est disponible et dévoué, le commissaire-priseur a quelques traits d'humour entre 2 coups de marteaux, l'expert, agréé auprès de la Cour d'appel de Versailles, est sympathique, l'ambiance décontractée; on est loin de l'excitation des salles de Drouot...
La dernière vente a eu lieu dimanche dernier.
Sur l'estrade, le commissaire-priseur, à sa droite l'expert, à sa gauche la collaboratice qui tient les comptes...
Je me suis mis au fond de la pièce, comme toujours...un « truc » pour mieux surveiller les enchérisseurs, juger du meilleur moment pour lever la main et avoir un oeil sur le préposé au téléphone pour ceux qui enchérissent comme ça...
« Bonjour mesdames, messieurs, un peu de silence s'il vous plaît, nous allons commencer la vente, je vous rappelle les règles....les frais sont de 17,90%... »
Et les objets défilent, adjugés ou retirés s'il n'y a pas de preneur...
« C'est le monsieur au tee-shirt noir, au fond à gauche...non, la dame blonde au 2ème rang à droite, c'est à vous...une fois, deux fois... »
Le rythme cardiaque s'accélère...
« Ah c'est le monsieur au tee-shirt qui reprend la main...une fois, deux fois...plus personne?... »
L'adrénaline monte...
« ...trois fois, adjugé à vous monsieur !... »
Moment intense de plaisir où le marteau frappe le bureau et où l'objet convoité rejoint vos genoux...
« Signez le chèque sans le remplir...merci monsieur... »
Avec le sourire de l'hôtesse en plus...
Pas de grosses folies dimanche...
| Estampe de KUNYAKI 19ème siècle, Oban-Taté-é, signée et datée de 1861, représentant 3 Oiran (courtisanes de haut rang) et leur kamuro (serviteur). | ![]() |
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Pot à gingembre en porcelaine avec masques de taotie (symbole religieux ou emblème clanique) et décor de dragons impériaux à la poursuite de la perle sacrée. |
| Paire de lions fantastiques en terre cuite à glacure céladon, pièces placées à l'extrémité des escaliers des temples. | ![]() |
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GANTHA, cloche de monastère en bronze à patine de fouilles, agrémentée de 4 éléphants en partie basse et de 4 Nat sur la prise mobile. |
| Paire de vases dits "balustres" en porcelaine avec masques de taotié et décor vert de chidoris parmi les bambous, hauteur 62cm. | ![]() |
Il existe plusieurs manières pour les graffeurs d'attirer le regard voire l'attention.
Le lien commun est d'abord la couleur et c'est bien pour ça que les griffiti m'attirent.
J'ai d'abord pesté, comme tout le monde, sur ces hiéroglyphes indigestes qui, à la sauvette, ont rempli les murs (en général, sans mode d'emploi pour décrypter si tant est qu'il y ait à comprendre...) et j'en profite pour remercier les services municipaux d'avoir pris les mesures nécessaires pour remettre gracieusement la façade de mon bureau en état !
Une autre manière est de provoquer.
Et ça, j'aime aussi !
C'est en 1993 que MISS VAN (Vanessa) a commencé à peindre ses poupées sur les murs de Toulouse.
KAT, FAFI et PLUME, qui fondent le crew HANKY PANKY GIRLS, emboîtent le pas et toutes ces demoiselles, au début plutôt sages, deviennent plus matures et donc (?) plus coquines et plus suggestives en exprimant, à leur façon, leur féminité : formes pulpeuses des personnages, traçé harmonieux des lettres, jeu des couleurs...
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Ca se remarque et le but a vraisemblablement été atteint, avec talent et sans provoquer, je l'espère, trop d'accidents de la circulation...
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Toulouse, la ville dite « rose »- je dirais plûtot rouge et noire - a une activité graffitique des plus vivantes.
Le mouvement remonte à 1986 et, dès le début, la ville attire des graffeurs de renommée internationale; la production est d'un bon niveau, teintée d'une forte influence new-yorkaise.
Certains groupes (crews) utilisent de faux permis et le mouvement s'étend, en même temps que la technique s'améliore, sur des quartiers entiers : bâtiments, usines, chantiers et ...trains ; le quartier Arnaud Bernard, puis les Ponts Jumeaux et les bords du canal, le long du boulevard de Suisse, deviennent des endroits privilégiès pour les graffeurs et les taggeurs, avec la bienveillante neutralité des autorités..
C'est l'arrivée des filles avec MISS VAN, licenciée en arts plastiques, et ses chipies, de FAFI, KAT et PLUME qui fondent en 1998 le crew HPG : le centre ville se colore de ravissantes poupées pulpeuses et provocantes.
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En 2000, la Municipalité se fâche, et porte plainte dès qu'un édifice public est endommagé; chaque fois qu'ils sont identifiés, les tagueurs sont condamnés.
Grande avançée quand même : un arrêté municipal permet à la Mairie de procéder d'office et à ses frais à la remise en état des murs et façades souillées; Car, malheureusement, il n'y a pas que des oeuvres d'art sur les murs ...
Et donc aujourd'hui, le tag, chassé dans la rue, prend de la hauteur sur les toits...
Encore que les gens ont pris conscience de la différence entre graph et tag : le graph, qu'on aime ou qu'on aime pas, on tolère car il s'agit d'une vraie création artistique, doublée d'un bon moyen de communication.
Certains, comme TRUSKOOL, organisent des ateliers de graffiti pour les jeunes en collaboration avec les services de la jeunesse; le groupe est à la fois influent et respecté bien qu'il graffe souvent dans l'illégalité et son activité dépasse aujourd'hui l'héxagone puisqu'il intervient également à New-York, en conceptualisant son propre graphisme.
MISS VAN a créé sa ligne de prêt à porter, SOONE collabore avec la marque Bullrot, TRUSKOOL a passé des contrats avec Adidas.
Le graffiti devient donc buisiness pour les meilleurs et, après tout, tant mieux si cette forme d'expression permet la reconnaissance des artistes de leur vivant...
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Dans la dernière partie à venir, surtout des photos, prises à partir d'originaux réalisés par des femmes, notamment FAFI -j'adore- avec un peu d'érotisme...chutt...
Le Graffiti est incontestablement un Art, bien qu'il soit souvent mal perçu par la Société, certainement à cause de son support (les murs) ou bien parce qu'il est sanctionné pénalement.
Certains d'ailleurs préfèrent parler de Culture urbaine plutot que de parler d'Art.
Pour être clair, et parce que de temps en temps il faut bien que je me souvienne que je suis aussi juriste, je rappelerais d'abord les dispositions du nouveau Code pénal :
« le fait de tracer des inscriptions, des signes ou des dessins, sans autorisation préalable, sur les façades, les véhicules, les voies publiques ou le mobilier urbain est puni de 25 000F d'amende lorsqu'il n'en est résulté qu'un dommage léger. Cette peine peut être portée à 50 000F ou 100 000F si les dégradations sont, par exemple, opérées en groupe et/ou au préjudice de monuments historiques. »
La définition du graffiti, d'origine italienne, est la suivante :« griffonnage, grattage ou gribouillis, à caractère souvent satirique ou caricatural, porté sur les murs des édifices antiques et, par extension, celui figurant sur n'importe quel mur. »
Pour les archéologues et les paléographes, le terme " graffiti ", sert à distinguer les inscriptions populaires cursives des inscriptions officielles, formelles, trouvées sur les monuments antiques.
Dans les villes contemporaines, s'est développé un mode d' expression pictural, le " graff ", réalisé au pinceau et à la peinture acrylique ou à l'aide de bombes aérosols, que je qualifie d'Art (enfin, pour certains) dans la mesure où il cherche à faire appel à l'émotion du passant même si quelquefois il peut prendre une forme agressive.
A ne pas confondre avec le "tag", qui n'est qu'une simple signature ou un parafe,vite fait et apposé n'importe où alors que le graff est un dessin elaboré ou une fresque, qui a été pensé et dessiné et, bien souvent, a demandé des heures de préparation du support et des heures de réalisation.
Le mouvement graffiti est né à la fin des années 1960 d'abord à Philadelphie puis à New-York avec TAKI 183 et, grâce au métro, les graffeurs voient leur nom s'étaler sur toute la ville.
C'est avec l'élection du nouveau maire de New-York (Edouard Koch) en 1979, que le métro retrouve ses couleurs originelles avec surveillance des dépôts ; mais le graffiti retrouve sa place dans la rue...et aussi dans les galeries et musées.
Milieu des années 1980, le graffiti arrive en Europe sous influence New-Yorkaise et notamment en France avec la formation de groupes tels que les CTK, TCA, PCP ; les rues sont d'abord concernées puis en 1988 le métro parisien est touché à son tour, avec les fameux NTM (KAY, DOSE, TEX...), DYSTUR, 93 MC, CTK...De même, les voies ferrées de la SNCF virent le nom de BOXER ou de WIRE s'implanter assez rapidement puis peu à peu le style New-Yorkais disparaît pour faire place à un style de lettrage plus agressif, ce qui permet à Paris de devenir une des villes les plus créatrices et vivantes du graffiti et d'étendre son influence dans les plus grandes villes et en particulier à Toulouse.
Ce sera l'objet de mon deuxième billet, le troisième et dernier étant consacré à l'érotisme dans le graffiti.
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Les Oushabtis (autre appellations : shaouabtis, shabtis, shouabtis, ushabtis) sont de petites statuettes momiformes, d'environ 10 / 12 cms, soit en faïence bleue ou verte, soit en bois, soit en bronze que les égyptiens plaçaient dans les tombes pour accompagner le défunt et l'aider dans les travaux qu'il était censé devoir accomplir dans les champs d'IALOU, c'est-à-dire dans l'au-delà (à rapprocher de notre Paradis...s'il existe...)
Suivant la période (Haute époque, Moyenne époque etc...) on a pu dénombrer jusqu'à 365 figurines par tombe, une pour chaque jour de l'année; elles portent perruque et barbe et leurs mains tiennent souvent un outil et un sac de graines.
Celle qui est en photo ci-dessus provient,d'après mon vendeur, de fouilles effectuées à Luxor, au début du XIXème et remonterait à environ 8OO av.JC
Oushabti signifie répondant; en effet si le défunt lui faisait appel pour une corvée, il devait "répondre présent"
Il était rassurant de penser qu'on retrouvait après la mort le même système de vie que celui d'içi bas et qu'on continuait à profiter des plaisirs de la vie...alors si, en plus, l'oushabti pouvait travailler à la place du défunt...
La formule qui est retranscrite, au dos de la statuette, est celle du Chapître 6 du Livre des Morts : Oh Oushabti, si je suis appelé, si je suis désigné pour faire les travaux qui sont habituellement dans l'empire des morts, et bien, l'embarras t'en sera infligé là-bas, comme quelqu'un à sa tâche. Engage toi à ma place à tout moment pour cultiver les champs, pour irriguer les rives et pour transporter le sable de l'Orient vers l'Occident. "Me voici, diras-tu".
Pratique, non?
L'Art est un sujet vaste et sérieux, qui a sa propre tribune, sa propre audience et ses propres règles mais c'est aussi un plaisir, un besoin, une obsession pour l'amateur qui y goûte.
On peut avoir par rapport à l'Art une approche culturelle, intellectuelle, technique, professionnelle.
En ce qui me concerne, j'ai envie d'en parler sur un ton moins convenu, parce que tout le monde n'a pas la possibilité ou le goût de fréquenter les musées, les expos, les vernissages, les salons parisiens et autres "mondaineries" alors que malgré tout l'Art s'adresse à tous les publics et doit rester simple et accessible .
Le blog, lui, est un vivier d'écriture qui permet de s'exprimer, de s'épancher, de parfaire son égo, de jouer souvent à « celui qui sait »...
Mais un blog peut être beau aussi, même s'il est creux, et, quelquefois, au gré de mes connexions, je trouve des billets qui n'ont d'intérêt que le contenant, que se soit le graphisme, l'architecture, la couleur...
Mais ils sont respectables comme les autres...
On n'a pas forcément besoin de se rendre intéressant pour l'être et ce qui importe ce n'est pas la manière de le dire, mais de le dire avec le coeur...
Le blog peut également être un Art...