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Le blog de la galerie

13 juillet 2008

L'armée de QIN à la Pinacothèque

Par Joël, dimanche 13 juillet 2008 à 11:55 dans Musées

Vous avez encore jusqu’au 14 septembre pour découvrir à la Pinacothèque de Paris un « échantillon » de l’armée enterrée de l’empereur QIN.

En dehors de quelques fantassins, archers, officiers et sous-officiers de grandeur nature, assez représentatifs de ce qu’on peut voir à XI’AN, la pinacothèque (du grec "pinacothêkê" : pinax - akos tableau et thêké boîte) expose aussi quelques objets en terre-cuite et en bronze de la vie quotidienne au temps des Royaumes Combattants (3ème siècle avant JC). Il faut savoir qu'à XI'AN, sur les 7 000 statues que l'on estime enfouies, seuls 1 500 soldats et une cinquantaine de chevaux ont été dégagés.

En ce qui concerne les soldats exposés, on peut remarquer qu’ils sont tous coiffés d’un chignon latéral, le style des coiffures indiquant des grades différents; le regard est très expressif , on peut y lire à la fois la sagesse, la force, la détermination et aussi une certaine forme de mélancolie. On a l’impression de prime abord que les guerriers se ressemblent tous, mais en fait chacun est unique et possède sa propre individualité, grâce au nombre presque infini de combinaisons que les artisans-artistes ont pu tirer à partir d’un module standardisé.

C’est vrai que quand on a vu sur place l’immensité des fouilles et ces milliers de soldats alignés en ordre de bataille, on est forcément déçu par l’expo. Mais bon, les pièces sont bien mises en valeur et suffisamment diversifiées pour avoir une idée de ce que peut être l’armée éternelle du premier empereur de Chine.

Parler d'éternité en évoquant QIN SHIHUANGDI est d'ailleurs le mot juste car celui qui a donné son nom à la Chine, tyran sanguinaire et chef de guerre impitoyable, a passé son existence à chercher le secret de l'immortalité. Le tumulus à l'intérieur duquel il a été enterré n'a pas été exploré en raison notamment d'un taux de mercure très élevé. Un archéologue a affirmé que l'excavation prendrait plus d'un siècle pour préserver la sépulture...Autant dire, chers lecteurs, que vous ne verrez jamais et moi non plus le vrai visage du premier empereur de Chine!

13 juin 2008

GUIMET et ses terre-cuites

Par Joël, vendredi 13 juin 2008 à 08:17 dans Musées

J’ai profité de rendez-vous professionnels sur Paris pour aller faire un petit pèlerinage au musée GUIMET et revoir les terre-cuites exposées.

Pour découvrir aussi, bien sûr, la rétrospective consacrée à HOKUSAI, Maître incontesté du dessin et de l’estampe, qui fera l’objet d’un prochain billet.

J’ai pu photographier quelques pièces qui m’ont parues intéressantes, soit par la bonne conservation de la polychromie, soit par la gestuelle, soit …parce qu’elles me plaisaient !

16 décembre 2007

André MARFAING au Musée des Abattoirs

Par Joël, dimanche 16 décembre 2007 à 14:21 dans Musées

Musée des Abattoirs…Drôle de nom !…En fait il s’agit d’un musée d’art contemporain réalisé sur l’emplacement d’anciens abattoirs, dans le quartier Saint-Cyprien à TOULOUSE . Conçu au XIXe siècle par Urbain Vitry, le site est aujourd’hui classé ; les bâtiments historiques ont été préservés. Conservant son identité d’origine, la halle centrale accueille les collections permanentes et les expositions temporaires.

AVANT
APRES

La collection des Abattoirs rassemble plus de 2000 œuvres couvrant la seconde moitié du XXème siècle. Elle est constituée d’un fonds moderne centré sur de nombreux courants artistiques nés de la seconde guerre mondiale en Europe (expressionnisme abstrait, abstraction lyrique, art brut, art informel, cobra, gutai, spatialisme, arte povera et trans avant garde, figuration libre) et d’un fonds contemporain représenté notamment par des artistes comme Rauschenberg, Dubuffet, Duchamp ou Soulages.

Il est à noter que le Musée abrite également quelques œuvres surprenantes comme le rideau de scène de Picasso, la collection « coup de foudre » de Daniel Cordier, « la maison où il pleut » de Stéphane Thidet, les hippopotames de Daniel Dewar et Grégory Gicquel ou encore, à l’extérieur, les pièces monumentales de Fernand Léger.

Jusqu’au 20 janvier 2008, le Musée des abattoirs rend hommage à André Marfaing (1925-1987) .

André Marfaing est un peintre français non figuratif. Pour lui, il ne s’agit pas de représenter la réalité naturelle mais de débarrasser la peinture du poids représentatif, de dépasser le tangible pour matérialiser l’implicite, avec un minimum de moyens. Il a travaillé l’huile et la gravure, utilisant principalement le noir, dans une peinture abstraite, ascétique, d’une réelle puissance. Ses émouvants contrastes lumineux, la stupéfiante rencontre du noir et du blanc provoquent une explosion dans le regard.

Marfaing ne titre jamais ses œuvres, ne souhaitant pas influencer le spectateur mais lui laisser plutôt toute liberté d'interprétation : seules les dimensions et la date sont attribuées comme référence.

J'ai beaucoup aimé ce dialogue entre le noir et le blanc, un noir englobant, omniprésent, qui défie le blanc dans un dialogue fait d’ombres et de lumières; le seul regret est que le jour de ma visite le temps était gris et froid alors que pour apprécier la qualité de l’œuvre à sa juste valeur, il vaut mieux un peu de soleil et de ciel bleu dehors…

28 août 2007

L'impressionnisme à Montpellier

Par Joël, mardi 28 août 2007 à 00:04 dans Musées

L’été est pour moi propice aux visites de musées et d’expos et vous risquez d’avoir quelques billets sur le sujet dans les semaines à venir !

J’ai découvert ainsi le musée FABRE à Montpellier et particulièrement l’exposition « L’impressionnisme, de France et d’Amérique » qui vient d’être prolongée jusqu’à fin septembre en raison de l’engouement suscité.

C’est l’occasion de rappeler que les collectionneurs des Etats-Unis ont été parmi les premiers à découvrir le mouvement impressionniste. Grâce à l'appui et les relations de Mary Cassatt, artiste originaire de Philadelphie, elle-même membre du groupe avec lequel elle expose en 1879, les grands collectionneurs de la côte Est des Etats-Unis ont constitué des collections fabuleuses, désormais visibles dans les musées américains.

Les liens privilégiés qu'entretient le musée FABRE avec ses homologues outre-Atlantique dans le cadre du French Regional & American Museum Exchange (FRAME), permettent de réunir une sélection d'une cinquantaine de chefs d'œuvre et notamment des toiles peu connues en France de MONET, PISSARRO, RENOIR, DEGAS, CAILLEBOTTE, CASSATT, SISLEY et MORISOT, à qui sont associés deux artistes qui n'ont jamais exposé avec le groupe, mais qui ont contribué de manière décisive à leur succès, Frédéric BAZILLE et Edouard MANET.

Il y a beaucoup d’autres tableaux à admirer et forcément je reviendrais un jour sur Pierre SOULAGES et ses « noirs », qui n'ont rien à voir avec l'impressionnisme, mais je ne résiste pas à vous faire partager mes deux « coups de cœur » de l’exposition.

Tout d’abord « Le parlement de Londres, effet de brouillard » de Claude MONET (toile réalisée en 1903 et appartenant au musée d’Atlanta) ; cette œuvre fait partie d’une série (comme "les meules de foin", dont j’ai vu les originaux à Chicago où encore la série des" nymphéas") et je suis resté un long moment fasciné par ce « fog », à la fois saisissant et insaisissable et qui, pour un peu, nous ferait aimer Londres et la Tamise !

Ensuite, mais j’ai un faible pour Alfred SISLEY et donc je ne suis pas objectif, «La courbe de la seine à Saint-Cloud » (toile réalisée en 1875 et prêtée par le musée de RENNES) m’a fait vibrer par sa construction parfaite, sa profondeur, ses effets de vent et de lumière, la qualité de la touche…

J’ai vu aussi de belles œuvres de PISSARRO et du local BAZILLE mais pour ce qui est de Berthe MORISOT, les toiles exposées sont loin d'être à la hauteur de ce que j'ai vu lors de l’expo de l’an dernier à LODEVE

14 août 2007

Les masques de Chine à Jacquemart-André

Par Joël, mardi 14 août 2007 à 00:36 dans Musées

Le musée JACQUEMART-ANDRE, à Paris, est un somptueux hôtel particulier, construit au Second Empire, qui renferme des trésors de l’Ecole Française du XVIIIè ( FRAGONARD, BOUCHER…), des œuvres des écoles flamande et hollandaise (REMBRANDT, VAN DYCK…) et une collection exceptionnelle de la Renaissance Italienne (BOTICELLI, BELLINI…)

Et c’est très curieusement dans ce cadre magnifique que s’exposent jusqu’au 26 août (dépêchez-vous !) une centaine de masques de Chine, spectacle inattendu en ces lieux, parfaitement mis en scène.

Le visiteur découvre, au gré d’une scénographie originale et passionnante , l’univers mystérieux des rites religieux chinois.

Les masques de bois datent, pour les plus anciens, du XVIè (époque MING), ce qui est tout à fait exceptionnel si on compare, par exemple , aux masques africains, qui ont rarement plus de 100 ans d’âge.

Les masques de "nuo" (= expulsion des démons de la maison) sont à l’origine des masques d’exorcisme chamanique . Le totémisme glisse ensuite vers le culte des héros fondateurs et les masques prennent alors des traits humains.

A l’époque des SONG, le "nuo" passe du rite magique au théâtre populaire, prenant des allures moins féroces, en représentation des personnages de la vie quotidienne.

Ces masques sont superbement mis en valeur, grâce à l’éclairage, dans la pénombre des salons où ils sont exposés, et le descriptif qui les accompagne est franchement bien fait.

PS : le restaurant du Musée mérite qu’on s’y arrête, les salades y sont excellentes et je me suis laissé dire par un spécialiste que le macaron aux pistaches et aux framboises était ... « orgasmique »…

25 juillet 2007

POLIAKOFF à l'espace Paul Riquet à BEZIERS

Par Joël, mercredi 25 juillet 2007 à 07:03 dans Musées

L'espace Paul Riquet, à Béziers, propose une rétrospective de plus d'une centaine d'oeuvres de Serge POLIAKOFF; depuis son décès en 1969, cet artiste « russo-francais » n'avait jamais été exposé en France !

POLIAKOFF, dont le talent a été reconnu de son vivant, ce qui est extrêmement rare pour le souligner, figure parmi les peintres majeurs de l'abstraction.

L’originalité de l'artiste, c'est de se libérer du système des lignes et des traits pour affirmer son art : surfaces presque monochromes où domine une seule couleur dégradée, arrivant à faire vibrer la toile entière , imbrications de figures structurées, formes uniques qui suffisent à occuper tout l’espace . On parle encore justement de « l’abstraction selon Poliakoff », ni lyrique, ni géométrique, ni gestuelle, qui aboutit seulement à une pureté visuelle.

La peinture de POLIAKOFF ressemble à une musique, ce qui n'est pas étonnant quand on sait que pour gagner sa vie, il a d'abord gratté sa guitare dans les cabarets russes...(clin d'oeil au passage à Christian VOGEL, qui a aussi été d'abord musicien!)

L'exposition de Béziers, dénommée « Poliakoff, de Moscou à Paris », nous montre des oeuvres peu connues de l'artiste, en mettant en exergue sa technique au travers des différents supports utilisés, huiles, gouaches, estampes.

Vous avez jusqu'au 30 septembre pour découvrir l'exposition au 7 rue Massol .

Malheureusement, toutes les toiles ci-dessous ne sont pas à Béziers mais pour ceux qui ne connaitraient pas l'artiste, elles vous donneront un aperçu de son talent...

Regardez, imprégnez-vous des formes et des couleurs... et, ensuite, fermez les yeux en écoutant ce chef d'oeuvre d'ALBENIZ...peut-être verrez vous les formes ondoyer et les couleurs se mélanger au rythme des trémolos de la guitare...

PS : pour ceux qui ne le savent pas encore, ALBENIZ est l'arrière grand-père de Mme la Présidente....une toute autre musique !

08 mars 2007

Le CARAVAGE et le BERNIN à la Galleria BORGHESE

Par Joël, jeudi 8 mars 2007 à 00:03 dans Musées

La Villa BORGHESE et sa « galleria » sont incontournables à ROME quand on apprécie l'art.

Petit conseil pratique tout d'abord pour les futurs touristes : réservez par avance la visite, qui est limitée à 2 heures à cause de l'affluence, même pendant les périodes creuses, étant précisé que la réservation est ouverte seulement du lundi au vendredi. Donc, si vous voulez découvrir les oeuvres exposées le samedi ou le dimanche, pensez à réserver en semaine...

Il s'agit d'une superbe demeure, construite en 1613 par Scipion BORGHESE, neveu du Pape PAUL V, qui consacra plus de 25 ans de sa vie à constituer l'une des plus importantes collections d'oeuvres d'art au monde, contribuant à développer ainsi dans toute l'Europe le « baroque » romain. On y trouve, notamment, de nombreuses peintures et sculptures de RUBENS, de VERONESE, de BOTTICELLI, de RAPHAEL pour quelques uns des artistes les plus connus des néophytes.

Mais, en ce qui me concerne, ce sont les oeuvres du CARAVAGE et du BERNIN qui ont retenu toute mon attention, en dehors de la Pauline Borghèse de CANOVA qui est un « sommet » de la sculpture néo-classique.

J'ai trouvé intéressant, dans ce billet, de mettre en parallèle l'oeuvre de ces 2 artistes, l'un, Le CARAVAGE, peignant essentiellement des hommes, jeunes, issus de la plèbe et l'autre, Le BERNIN, sculptant tout particulièrement des femmes de la noblesse ou de la mythologie...

La grande invention du CARAVAGE est sans conteste la technique du clair-obscur, reprise par REMBRANDT, qui consiste à représenter une scène dans l'obscurité d'une pièce sombre ou d'un extérieur nocturne : la lumière vient du haut et éclaire le centre du tableau renforçant ainsi les contrastes; la deuxième innovation du CARAVAGE est l'introduction du réalisme, quasi naturaliste, dans la peinture : ce sont des gens du peuple, avec toutes leurs imperfections -comme les autres, d'ailleurs !- qui servent de modèle (admirez toutefois au passage la perfection de la musculature du jeune Saint-Jean Baptiste...). En dehors de l'érotisme avéré de ses toiles, c'est bien ce réalisme "païen" qui lui fût reproché par de nombreux hommes d'église de l'époque.

Le BERNIN, qui travaille aussi bien le marbre, le travertin que le bronze, conçoit un espace en mouvement et recourt fréquemment aux formes tumultueuses; il considère la matière comme un élément vivant et il arrive à lui donner vie; J'ai été frappé par la force d'expression des visages et la variété du traitement de la matière , la surface polie des corps nus contrastant avec leur environnement : dans Le Rapt de Proserpine par exemple, le corps lisse de Proserpine, au visage raffiné et finement dessiné, s'oppose à celui de Pluton, plus grossier et plus "grumeleux", ce qui ajoute aux sentiments dégagés et à l'effet voulu d'animer le marbre.

Je ne pouvais pas ne pas vous présenter la Pauline de CANOVA, dont la beauté du visage n'a d'égal que la chute des reins (il faut me croire sur parole ou aller voir sur place!) et je ne parle pas du drapé, que l'on a envie de froisser un peu plus...

12 janvier 2007

Le musée LABIT

Par Joël, vendredi 12 janvier 2007 à 00:00 dans Musées

Le musée, installé dans un pavillon de style mauresque près des berges du Canal du Midi, a été légué à la Ville de Toulouse en 1919 par la famille du fondateur.

Celui-ci, Georges Labit (1862-1899), né dans une riche famille de commerçants, était un amateur passionné qui parcourait le monde à la recherche de témoignages de civilisations et de peuples encore méconnus.

Un siècle après sa création il est devenu le seul musée à pouvoir présenter une collection d'art oriental sur trois millénaires : sculptures, céramiques, objets de culte et peintures d'Inde, du Cambodge, de la Thaïlande, de l'Indonésie, du Tibet, du Népal, et de la Chine et du Japon.

Mais ce que voulait mon petit-fils, c'était surtout voir la collection d'antiquités égyptiennes et plus particulièrement la momie et le sarcophage.

Et c'est ainsi que nous avons fait connaissance avec In-Nimen-Na-Es-Nébou, jeune égyptienne de plus de 3 000 ans ayant vécu sur les bords du Nil, dont la momie est remarquablement conservée.

A la limite du documentaire scientifique et de la fiction, nous avons pu visionner un film en 3D d'une trentaine de minutes qui permet de percer une part du mystère de cette momie, grâce à l'équipe qui a exploré au laser le corps et reconstitué le visage de la défunte.

Les explications données sur la momification sont très interessantes (si vous voulez en savoir plus, c'est ici...) et m'ont appris beaucoup de choses, notamment que le cerveau était retiré par la narine gauche (mon petit-fils connaissait parfaitement ce détail technique !).

Nous avons visité ensuite les petites salles où sont exposés les objets rassemblés par Georges LABIT, classés par provenance, et notamment, concernant l'art égyptien, nous avons pu apprécier de nombreuses shabtis (ou oushabtis) dans un bon état de conservation, un long rouleau destiné à une joueuse de sistre pour son voyage dans l'au-delà, ou encore un bel ensemble de tissus coptes du IVe et du VIIè.

J'ai aimé aussi toute la statuaire hindoue, sur laquelle je ferais un billet à l'occasion, mais, par contre, pour le modeste collectionneur de terre-cuites chinoises que je suis, j'ai été très déçu par la pauvreté des pièces présentées...surtout après avoir visité Guimet et Cernushi. Mais j'avais été aussi un peu déçu par le musée des arts asiatiques de Nice, cet été, comme quoi pour faire connaître et aimer l'art d'asie, il y a encore beaucoup à faire !