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Le blog de la galerie

12 septembre 2011

Juan GRIS au Musée Paul VALERY à SETE

Par Joël, lundi 12 septembre 2011 à 14:05 dans Musées

Le musée Paul Valéry à SETE est un musée de province comme je les aime : de la verdure, du calme, un personnel discret, un bon éclairage, de l’espace, peu de monde…

En dehors des « locaux » permanents, en particulier les chantres de la Figuration Libre comme COMBAS et DI ROSA, le Musée expose des œuvres de Juan GRIS jusqu’au 31 octobre.

Quel coup de cœur ! Je n’avais que très peu entendu parler de cet artiste, dans l’ombre de BRAQUE et PICASSO avec qui d’ailleurs il a passé beaucoup de temps, notamment au Bateau Lavoir à Paris.

Né en Espagne en 1887 et mort jeune à 40 ans, Juan GRIS, de son vrai nom José GONZALES, n’a réalisé « que » quelques 600 peintures, mais pour les amateurs de cubisme, comme moi, c’est vraiment une heureuse découverte.

Sa vision, relevant d’une approche à la fois intellectuelle et plastique, le conduira à un dépouillement de plus en plus marqué et un éclatement de la couleur assez atypique qui parfois ont été qualifiés de froideur.

L’exposition s’intitule d’ailleurs : « rimes de la forme et de la couleur ».

Juan GRIS a choisi la nature morte comme thème principal de son œuvre. Il s’approprie les objets et les fait vivre au travers d’un processus de fragmentation et de reconstruction qui fait tout le charme du cubisme.

Les toiles exposées proviennent de Musées ou de Collections particulières, elles sont tout à fait représentatives du parcours de l’artiste.

Je dois aussi faire mon méa culpa : j’expose à la Galerie de nombreuses toiles d’Aram KOUPETZIAN dont je me plais à rappeler qu’il est vraisemblablement le dernier survivant du mouvement dénommé CUBISME SYNTHETIQUE .

Et je nomme régulièrement comme prédécesseurs PICASSO et BRAQUE.

Eh bien désormais j’évoquerais surtout le nom de Juan GRIS car c’est grâce à l’intégration de ses collages dans ses toiles et à son approche du cubisme que l'on peut parler de ce mouvement.

07 août 2011

Louis VALTAT, un fauve ?

Par Joël, dimanche 7 août 2011 à 16:54 dans Musées

J’avais déjà évoqué, il y a 5 ans déjà (!) le Musée Fleury à LODEVE à l’occasion d’une exposition consacrée à Berthe MORISOT.

Ce dimanche pluvieux et morose était tout indiqué pour y aller à nouveau et découvrir cette fois-ci l’exposition intitulée : « Louis VALTAT, à l’aube du fauvisme ».

Cet artiste prolifique et quelque peu oublié, aux confins de l’impressionnisme et du fauvisme, a abordé avec brio des thématiques très variées (la mer, les natures mortes et les paysages, les scènes de rue, la femme…) et l’exposition restitue bien et son parcours et son talent au travers des 180 œuvres présentées, issues de musées ou de collections privées.

Louis VALTAT (1869-1952), bien qu’assimilé aux « fauves », n’a jamais exposé avec eux. Pour moi, il se situe ailleurs, plus près des impressionnistes. D’ailleurs s’il a participé à de nombreuses expositions de groupe, c’est notamment avec BONNARD, VUILLARD ou encore SIGNAC et non avec MATISSE, VLAMINCK ou DERAIN…

Quelques toiles signées CROSS, LUCE, MAILLOL, RENOIR ou SIGNAC agrémentent la visite et mettent justement en valeur l’esprit de l’exposition.

En ce qui me concerne j’ai surtout remarqué les paysages. Mais il s’agit là d’un goût tout à fait personnel puisque c’est un thème que j’affectionne tout particulièrement. Les couleurs sont profondes et éclatantes, la végétation est dense et foisonnante, j’ai beaucoup aimé les rochers rouges d’AGAY, les paysages de Banyuls et de Collioure ou encore ceux de l’Estérel.

Les amateurs d'impressionnisme ou de fauvisme, au choix, seront comblés : faites le détour par LODEVE si vous allez vers la Méditerranée ou si vous en repartez, c'est une exposition à voir...Prenez le temps aussi de monter le superbe escalier jusqu'au deuxième étage, vous vous replongerez dans le néolithique et la préhistoire grâce à la collection permanente du musée, consacrée aux fouilles locales.

15 juillet 2011

Le Musée de l'éphèbe

Par Joël, vendredi 15 juillet 2011 à 00:17 dans Musées

Mais qui est cet éphèbe qui a donné son nom au Musée principal d'AGDE?

C’est une statue en bronze datant du IIIe ou IIe siècle av. J.-C., découverte dans le fleuve Hérault le 13 septembre 1964, qui représente un jeune homme grec. Il s'agirait en réalité d'Alexandre le Grand à 17 ans, vêtu de la chlamyde macédonienne et du diadème royal.

En dehors de cette pièce unique et du « Césarion » (fils de Cléopâtre et César ?) on trouve au Musée de superbes collections d'archéologie sous-marine, issues des découvertes de plongeurs au cours de ces 40 dernières années. Elles sont les témoignages du commerce maritime antique (amphores phocéennes et massaliotes), de l'armement des navires (ancres grecques en basalte, meules, vaisselle) et du transport des oeuvres d'art.

Les pièces du Musée, construit en 1984, proviennent soit de la mer (au large des plages du Cap d'Agde, de Marseillan-plage et de Sète), soit de l’Hérault soit de l'étang de Thau.

Groupées autour de 4 thématiques (la marine royale avec canons et cargaisons d’épave, la navigation antique et ses amphores, les bronzes antiques et la protohistoire) les pièces exposées et superbement mises en valeur, témoignent du riche passé de la ville d’AGDE, cité grecque de plus de 2600 ans.

La prochaine exposition, au mois d'août, aura pour thème : « Eves et Rêves », exposition consacrée à la préhistoire au féminin.

Je vous en parlerais plus tard !

10 juillet 2011

CALVET au Moulin des Evêques à AGDE

Par Joël, dimanche 10 juillet 2011 à 17:53 dans Musées

Le Moulin des Évêques à AGDE est une ancienne minoterie du XIII ème siècle, réhabilitée au siècle dernier en usine hydraulique puis en « sardinerie ». Une partie de la bâtisse, surplombant l’Hérault, est dédiée depuis l’année dernière aux expositions.

Depuis le 11 juin et jusqu’au17 juillet, c’est le peintre sétois Gérard Calvet qui a accroché ses toiles aux cimaises du Moulin des Evêques.

Né en 1926 à Conilhac- Corbière (Aude), Gérard Calvet entre aux Beaux- Arts de Paris en 1945.

D’abord sous l’influence des post-cubistes, des expressionnistes et de l’École de Paris, il peint avec réalisme et empâtement, dans des dominantes ocre et brunes. Son retour à Montpellier en 1952 puis son adhésion au Groupe Montpellier-Sète signent le grand tournant de son style : il y redécouvre la force de la lumière du Midi, confirmant ainsi sa vocation de peintre de genre.

Paysages sauvages de terre et de mer, scènes de vie quotidienne d’un Languedoc actuel ou disparu, cités emblématiques, natures mortes, mises en scène de la féminité ou portraits de ses proches, ses toiles, gorgées de couleurs et de soleil, sont autant de témoignages, de célébrations éclatantes de l’abondance méditerranéenne.

Ce sont ses dessins, et plus particulièrement les dessins de ses nus, que Gérard Calvet a choisi d’exposer au Moulin des Evêques (lavis, mines noire et sanguine).

La salle est superbe, la climatisation fonctionne bien et le personnel fort aimable. En plus l’entrée est gratuite, profitez-en si vous êtes dans le coin.

13 juillet 2008

L'armée de QIN à la Pinacothèque

Par Joël, dimanche 13 juillet 2008 à 11:55 dans Musées

Vous avez encore jusqu’au 14 septembre pour découvrir à la Pinacothèque de Paris un « échantillon » de l’armée enterrée de l’empereur QIN.

En dehors de quelques fantassins, archers, officiers et sous-officiers de grandeur nature, assez représentatifs de ce qu’on peut voir à XI’AN, la pinacothèque (du grec "pinacothêkê" : pinax - akos tableau et thêké boîte) expose aussi quelques objets en terre-cuite et en bronze de la vie quotidienne au temps des Royaumes Combattants (3ème siècle avant JC). Il faut savoir qu'à XI'AN, sur les 7 000 statues que l'on estime enfouies, seuls 1 500 soldats et une cinquantaine de chevaux ont été dégagés.

En ce qui concerne les soldats exposés, on peut remarquer qu’ils sont tous coiffés d’un chignon latéral, le style des coiffures indiquant des grades différents; le regard est très expressif , on peut y lire à la fois la sagesse, la force, la détermination et aussi une certaine forme de mélancolie. On a l’impression de prime abord que les guerriers se ressemblent tous, mais en fait chacun est unique et possède sa propre individualité, grâce au nombre presque infini de combinaisons que les artisans-artistes ont pu tirer à partir d’un module standardisé.

C’est vrai que quand on a vu sur place l’immensité des fouilles et ces milliers de soldats alignés en ordre de bataille, on est forcément déçu par l’expo. Mais bon, les pièces sont bien mises en valeur et suffisamment diversifiées pour avoir une idée de ce que peut être l’armée éternelle du premier empereur de Chine.

Parler d'éternité en évoquant QIN SHIHUANGDI est d'ailleurs le mot juste car celui qui a donné son nom à la Chine, tyran sanguinaire et chef de guerre impitoyable, a passé son existence à chercher le secret de l'immortalité. Le tumulus à l'intérieur duquel il a été enterré n'a pas été exploré en raison notamment d'un taux de mercure très élevé. Un archéologue a affirmé que l'excavation prendrait plus d'un siècle pour préserver la sépulture...Autant dire, chers lecteurs, que vous ne verrez jamais et moi non plus le vrai visage du premier empereur de Chine!

13 juin 2008

GUIMET et ses terre-cuites

Par Joël, vendredi 13 juin 2008 à 08:17 dans Musées

J’ai profité de rendez-vous professionnels sur Paris pour aller faire un petit pèlerinage au musée GUIMET et revoir les terre-cuites exposées.

Pour découvrir aussi, bien sûr, la rétrospective consacrée à HOKUSAI, Maître incontesté du dessin et de l’estampe, qui fera l’objet d’un prochain billet.

J’ai pu photographier quelques pièces qui m’ont parues intéressantes, soit par la bonne conservation de la polychromie, soit par la gestuelle, soit …parce qu’elles me plaisaient !

16 décembre 2007

André MARFAING au Musée des Abattoirs

Par Joël, dimanche 16 décembre 2007 à 14:21 dans Musées

Musée des Abattoirs…Drôle de nom !…En fait il s’agit d’un musée d’art contemporain réalisé sur l’emplacement d’anciens abattoirs, dans le quartier Saint-Cyprien à TOULOUSE . Conçu au XIXe siècle par Urbain Vitry, le site est aujourd’hui classé ; les bâtiments historiques ont été préservés. Conservant son identité d’origine, la halle centrale accueille les collections permanentes et les expositions temporaires.

AVANT
APRES

La collection des Abattoirs rassemble plus de 2000 œuvres couvrant la seconde moitié du XXème siècle. Elle est constituée d’un fonds moderne centré sur de nombreux courants artistiques nés de la seconde guerre mondiale en Europe (expressionnisme abstrait, abstraction lyrique, art brut, art informel, cobra, gutai, spatialisme, arte povera et trans avant garde, figuration libre) et d’un fonds contemporain représenté notamment par des artistes comme Rauschenberg, Dubuffet, Duchamp ou Soulages.

Il est à noter que le Musée abrite également quelques œuvres surprenantes comme le rideau de scène de Picasso, la collection « coup de foudre » de Daniel Cordier, « la maison où il pleut » de Stéphane Thidet, les hippopotames de Daniel Dewar et Grégory Gicquel ou encore, à l’extérieur, les pièces monumentales de Fernand Léger.

Jusqu’au 20 janvier 2008, le Musée des abattoirs rend hommage à André Marfaing (1925-1987) .

André Marfaing est un peintre français non figuratif. Pour lui, il ne s’agit pas de représenter la réalité naturelle mais de débarrasser la peinture du poids représentatif, de dépasser le tangible pour matérialiser l’implicite, avec un minimum de moyens. Il a travaillé l’huile et la gravure, utilisant principalement le noir, dans une peinture abstraite, ascétique, d’une réelle puissance. Ses émouvants contrastes lumineux, la stupéfiante rencontre du noir et du blanc provoquent une explosion dans le regard.

Marfaing ne titre jamais ses œuvres, ne souhaitant pas influencer le spectateur mais lui laisser plutôt toute liberté d'interprétation : seules les dimensions et la date sont attribuées comme référence.

J'ai beaucoup aimé ce dialogue entre le noir et le blanc, un noir englobant, omniprésent, qui défie le blanc dans un dialogue fait d’ombres et de lumières; le seul regret est que le jour de ma visite le temps était gris et froid alors que pour apprécier la qualité de l’œuvre à sa juste valeur, il vaut mieux un peu de soleil et de ciel bleu dehors…

28 août 2007

L'impressionnisme à Montpellier

Par Joël, mardi 28 août 2007 à 00:04 dans Musées

L’été est pour moi propice aux visites de musées et d’expos et vous risquez d’avoir quelques billets sur le sujet dans les semaines à venir !

J’ai découvert ainsi le musée FABRE à Montpellier et particulièrement l’exposition « L’impressionnisme, de France et d’Amérique » qui vient d’être prolongée jusqu’à fin septembre en raison de l’engouement suscité.

C’est l’occasion de rappeler que les collectionneurs des Etats-Unis ont été parmi les premiers à découvrir le mouvement impressionniste. Grâce à l'appui et les relations de Mary Cassatt, artiste originaire de Philadelphie, elle-même membre du groupe avec lequel elle expose en 1879, les grands collectionneurs de la côte Est des Etats-Unis ont constitué des collections fabuleuses, désormais visibles dans les musées américains.

Les liens privilégiés qu'entretient le musée FABRE avec ses homologues outre-Atlantique dans le cadre du French Regional & American Museum Exchange (FRAME), permettent de réunir une sélection d'une cinquantaine de chefs d'œuvre et notamment des toiles peu connues en France de MONET, PISSARRO, RENOIR, DEGAS, CAILLEBOTTE, CASSATT, SISLEY et MORISOT, à qui sont associés deux artistes qui n'ont jamais exposé avec le groupe, mais qui ont contribué de manière décisive à leur succès, Frédéric BAZILLE et Edouard MANET.

Il y a beaucoup d’autres tableaux à admirer et forcément je reviendrais un jour sur Pierre SOULAGES et ses « noirs », qui n'ont rien à voir avec l'impressionnisme, mais je ne résiste pas à vous faire partager mes deux « coups de cœur » de l’exposition.

Tout d’abord « Le parlement de Londres, effet de brouillard » de Claude MONET (toile réalisée en 1903 et appartenant au musée d’Atlanta) ; cette œuvre fait partie d’une série (comme "les meules de foin", dont j’ai vu les originaux à Chicago où encore la série des" nymphéas") et je suis resté un long moment fasciné par ce « fog », à la fois saisissant et insaisissable et qui, pour un peu, nous ferait aimer Londres et la Tamise !

Ensuite, mais j’ai un faible pour Alfred SISLEY et donc je ne suis pas objectif, «La courbe de la seine à Saint-Cloud » (toile réalisée en 1875 et prêtée par le musée de RENNES) m’a fait vibrer par sa construction parfaite, sa profondeur, ses effets de vent et de lumière, la qualité de la touche…

J’ai vu aussi de belles œuvres de PISSARRO et du local BAZILLE mais pour ce qui est de Berthe MORISOT, les toiles exposées sont loin d'être à la hauteur de ce que j'ai vu lors de l’expo de l’an dernier à LODEVE