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Le blog de la galerie

08 mars 2007

Le CARAVAGE et le BERNIN à la Galleria BORGHESE

Par Joël, jeudi 8 mars 2007 à 00:03 dans Musées

La Villa BORGHESE et sa « galleria » sont incontournables à ROME quand on apprécie l'art.

Petit conseil pratique tout d'abord pour les futurs touristes : réservez par avance la visite, qui est limitée à 2 heures à cause de l'affluence, même pendant les périodes creuses, étant précisé que la réservation est ouverte seulement du lundi au vendredi. Donc, si vous voulez découvrir les oeuvres exposées le samedi ou le dimanche, pensez à réserver en semaine...

Il s'agit d'une superbe demeure, construite en 1613 par Scipion BORGHESE, neveu du Pape PAUL V, qui consacra plus de 25 ans de sa vie à constituer l'une des plus importantes collections d'oeuvres d'art au monde, contribuant à développer ainsi dans toute l'Europe le « baroque » romain. On y trouve, notamment, de nombreuses peintures et sculptures de RUBENS, de VERONESE, de BOTTICELLI, de RAPHAEL pour quelques uns des artistes les plus connus des néophytes.

Mais, en ce qui me concerne, ce sont les oeuvres du CARAVAGE et du BERNIN qui ont retenu toute mon attention, en dehors de la Pauline Borghèse de CANOVA qui est un « sommet » de la sculpture néo-classique.

J'ai trouvé intéressant, dans ce billet, de mettre en parallèle l'oeuvre de ces 2 artistes, l'un, Le CARAVAGE, peignant essentiellement des hommes, jeunes, issus de la plèbe et l'autre, Le BERNIN, sculptant tout particulièrement des femmes de la noblesse ou de la mythologie...

La grande invention du CARAVAGE est sans conteste la technique du clair-obscur, reprise par REMBRANDT, qui consiste à représenter une scène dans l'obscurité d'une pièce sombre ou d'un extérieur nocturne : la lumière vient du haut et éclaire le centre du tableau renforçant ainsi les contrastes; la deuxième innovation du CARAVAGE est l'introduction du réalisme, quasi naturaliste, dans la peinture : ce sont des gens du peuple, avec toutes leurs imperfections -comme les autres, d'ailleurs !- qui servent de modèle (admirez toutefois au passage la perfection de la musculature du jeune Saint-Jean Baptiste...). En dehors de l'érotisme avéré de ses toiles, c'est bien ce réalisme "païen" qui lui fût reproché par de nombreux hommes d'église de l'époque.

Le BERNIN, qui travaille aussi bien le marbre, le travertin que le bronze, conçoit un espace en mouvement et recourt fréquemment aux formes tumultueuses; il considère la matière comme un élément vivant et il arrive à lui donner vie; J'ai été frappé par la force d'expression des visages et la variété du traitement de la matière , la surface polie des corps nus contrastant avec leur environnement : dans Le Rapt de Proserpine par exemple, le corps lisse de Proserpine, au visage raffiné et finement dessiné, s'oppose à celui de Pluton, plus grossier et plus "grumeleux", ce qui ajoute aux sentiments dégagés et à l'effet voulu d'animer le marbre.

Je ne pouvais pas ne pas vous présenter la Pauline de CANOVA, dont la beauté du visage n'a d'égal que la chute des reins (il faut me croire sur parole ou aller voir sur place!) et je ne parle pas du drapé, que l'on a envie de froisser un peu plus...