Mes lecteurs assidus savent que j'aime la couleur.
Je n'ai pas encore parlé des aplats de couleurs, c'est-à-dire de ces couleurs pures et vives qui se juxtaposent à la manière d'un puzzle posées sur la toile « en aplat », sans nuances, en bloc uniforme.
De nombreux peintres contemporains se sont essayés à cette technique et pour illustrer mon billet je vous livre quelques tableaux de ma collection réalisés par Stéphane BULAN, Anne LE CITOL et Niels DEBERCE.
Cette approche un peu dépouillée laisse une grande place à l'imagination de l'artiste qui transforme le paysage : il ose et exagère la couleur, un peu à la manière des peintres de Pont-Aven, la ville de GAUGUIN, à la différence toutefois que les artistes de cette école de Pont-Aven cloisonnaient les aplats pour mieux les faire ressortir.
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| Stéphane BULAN |
| Anne LE CITOL |
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| Niels DEBERCE |
"L' atmosphère" est içi rendue par la chromatique et le fondu des couleurs qui éclatent dans ces paysages où on retrouve toujours le ciel, avec des bleus plus ou moins profonds, et la terre qui se décline surtout en jaune et vert.
Les aplats soulignent l'impression de "puissance" qui caractérise tout à fait ces peintures.
Bien évidemment la peinture est un Art, au même titre par exemple que le dessin, la sculpture ou, plus récemment, la photo, et bien souvent, quand on parle d'Art, on assimile ce terme tout à fait générique à la peinture.
Un tableau, c'est à la fois une technique de travail (pinceau, couteau, huile...), un procédé (détrempe, gouache, glacis...), de la matière, un style et un genre (expressionnisme, cubisme, fauvisme, figuratif, abstrait...) et enfin, bien sûr, du sentiment...
Doit-on considérer les peintures contemporaines comme des oeuvres d'Art, alors qu'il n'existe encore aucun réferentiel?
Ces exemples vous parlent-ils?
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| C. Vogel | N. Deberce |
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| J-C. Barthel | J. Majos |
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| B. Cantais | A. Becco |
L'oeuvre d'Art doit avoir une cohérence esthétique (ce qui ne veut pas dire qu'elle doit être obligatoirement belle), elle doit exprimer une émotion (ou un message, ou une interrogation, ou susciter un trouble) et n'existe que s'il y a une technique (qui peut être plus ou moins compliquée ou épurée, plus ou moins hétérogène).
Le prix ne doit pas être un critère, l'effet mode non plus.
Une oeuvre d'Art est unique, autant pour l'artiste qui l'a crée que pour l'amateur qui l'apprécie; l'important est le message que l'artiste veut faire passer et aussi la façon dont le message est reçu.
Alors oui, bien sûr, les tableaux contemporains, en tous cas ceux qui ne sont pas des reproductions destinées à la décoration, sont des oeuvres d'Art.
Mais il faudra attendre le bon-vouloir des Musées ou autres Fondations pour que la peinture contemporaine soit consacrée en tant qu'oeuvre d'Art...
C'est la première fois que j'achète une toile de cet artiste, qui vit au Portugal et est côté à Drouot.
La photo ne rend absolument pas la réalité de cette peinture, réalisée au pinceau et au couteau, et intitulée par l'artiste "RECIPROQUE".
L'association de couleurs soutenues sur fond noir donne un relief surprenant, marqué sur la profondeur par un ton sienne savamment estompé que l'on trouve rarement en peinture.
Le rouge et le bleu, déstructurés, donnent l'impression de sortir de terre, avec souffrance mais aussi espoir, dans une forme de cubisme à la fois encadré et libéré.
Tout est dans la recherche de l'équilibre et du contraste.
Une de mes plus belles trouvailles.
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Extrait de sa biographie ( sur Art Majeur Internationnal) :
Français,né en 1946, Duaner passe sa prime jeunesse á St-Tropez, alors petit village de pècheurs et d’artistes peintres, totalement inconnu du show-bizz, du jet-set et des stars jusqu’à la fin des années cinquante.
Duaner est un artiste éclectique dont les toiles reflètent tour à tour et en même temps : profondeur,richesse,légèreté,puissance,délicatesse,mystère, qui parfois nous emmènent dans le royaume du fantastique; visuel différent nous entraînant dans une dimension inconnue.
Chacune de ses oeuvres révèle une synthèse particulière dans la recherche de formes,de couleurs,de pigments naturels mélangés avec des matériaux parfois inusités (poudre de marbre).
Les époques se démarquent naturellement par des techniques évolutives,différentes en style et couleurs, mais toujours dans la recherche d’un lien (son fil d’Ariane ?).
Selon Duaner: -“ l’inspiration est comme une plage déserte; le rythme irrégulier des marées, le sac et le ressac de vos émotions qui disparaissent au moment ou elles naissent.”
C’est ce moment furtif que Duaner tente de fixer sur le support “pictural aeternalis”.
Début des anées 60, il est initié par M.Lutz ,peintre de l’école de St-Tropez qui lui donne les bases de sa technique du couteau.
De retour à Paris, il découvre la peinture ‘non-figurative´dans l’atelier de Jean Fautrier(mysanthrope,malade et reclus dans sa maison de la vallée aux loups en banlieue parisienne)...