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Le blog de la galerie

29 mars 2009

OUVERTURE BOUTIQUE Terre-cuites

Par Joël, dimanche 29 mars 2009 à 16:55 dans Terre-cuites chinoises

C'est fait, la société que je co-gère, ARTIFISC.FR , ouvre une boutique, début mai, rue du Rempart Saint-Etienne à TOULOUSE (plein centre-ville à 50 mètres de la rue de Metz et de la salle des ventes PRIMARDECO), le plus dur ayant été de convaincre mon associé de la pertinence du projet !

Le concept sera un peu différent d'ARTIFISC.FR pour se rapprocher de mes passions puisque cette boutique vendra à la fois des tableaux de peintres vivants et des terre-cuites chinoises.

Je souhaite un lieu convivial, de rencontre entre amateurs de peinture et amateurs d'archéologie, le lien commun étant bien entendu résumé dans l'édito de mon site:

"Si l'homme est un être passionnel, c'est qu'il est non seulement un être de besoin mais aussi et surtout un être de désir; si le besoin trouve à se satisfaire dans un objet fini, le désir ne saurait trouver "d'objet" à la mesure de la quête qui le constitue et qui est infinie...." ( FREUD ) Ce site voudrait être un maillon entre le passé et le présent, entre ces terre-cuites anciennes qui accompagnaient les défunts dans l'au-delà à la recherche d'une vie meilleure et ces tableaux de peintres contemporains qui expriment, par leurs couleurs et leurs formes, un message qu'ils espèrent éternels... Les terres-cuites chinoises et les peintures figuratives et abstraites sont ma passion et ma quête est infinie à défaut d'être éternelle..."

En ce qui concerne les peintures, une grande place sera faite à Armand KOUBY mais aussi à d'autres oeuvres abstraites et figuratives, pour qu'il y en ait pour tous les goûts. L'objectif est de proposer des toiles d'un format 12F ou équivalent, particulièrement représentatives des peintres exposés, à un prix abordable, et des terre-cuites de qualité "musée"...

A bientôt !

22 février 2009

Des robes pour l'éternité

Par Joël, dimanche 22 février 2009 à 20:48 dans Terre-cuites chinoises

En Chine, dans les tombes des IIème et Ier millénaires avant J.C, il était courant de sacrifier des épouses « secondaires », des serviteurs, des soldats pour que le défunt ne manque de rien dans sa vie éternelle de l'au-delà.

Avec l'arrivée des HAN, au IIIème siècle avant J.C, ces pratiques s'arrêtent et on prend l'habitude de remplacer le sacrifice humain par des statuettes de bois, puis de terre.

Souvent de grande taille, la tête réalisée à part, sans prévoir d'ailleurs d'emboîtement particulier dans le corps de la statue, on évoquait ainsi l'aspect sacrificiel des périodes antérieures.

Les thèmes et les motivations cependant sont les mêmes, les statuettes accompagnent le défunt pour le servir; certains ont des fonctions très précises que traduisent leurs costumes.

Ainsi les personnages de la dynastie des HAN, vêtus de lourdes robes croisées sur la poitrine, avec d'amples manches et une chute recouvrant les pieds, sont des projections idéalisées de la classe supérieure et du pouvoir selon le standard en cours à cette époque.

Avec l'intégration des peuples envahisseurs, apportant sur les routes de la soie toute une technique, une production, un savoir-faire différent, les sensibilités évoluent et les vêtements, les coiffures, les parures changent et deviennent mieux élaborées, plus imposantes.

Le costume des dames de cour de la période des TANG (618-906) évolue avec de longues robes plus élégantes et raffinées, retenues sous la poitrine avec des décolletés arrondis, qui viennent de Perse.

La mode et la féminité sont éternelles...

14 janvier 2009

Amphore "swirling eyes"

Par Joël, mercredi 14 janvier 2009 à 00:00 dans Terre-cuites chinoises

Certaines amphores comme celle-ci ont été trouvées dans des tombes datant de la période "des Printemps et Automnes" (770 - 475 av JC).

Celle qui fait partie de ma collection date des HAN Occidentaux (206 av JC - 9 ap JC) et a été déterrée dans la province du Sichuan.

La forme de ces vases fait penser à un corps de femme (deux anses incurvées évoquant des bras arrondis autour d'une taille fine, reposant sur des hanches larges).

Dans les pays anglo-saxons, on parle d'amphores "swirling eyes", à cause des cercles évoquant des yeux, autour du corps.

Ces terre-cuites, toujours de couleur grise, ont été trouvées en grand nombre il y a une dizaine d'années, mais aujourd'hui elles se font rares sur le marché. En dehors de l'aspect morphologique du corps, c'est le bec verseur, pincé au milieu, qui en fait sa particularité.

30 décembre 2008

Toit et moi

Par Joël, mardi 30 décembre 2008 à 00:34 dans Terre-cuites chinoises

Parlons un peu des toitures chinoises et plus particulièrement des tuiles, pour illustrer l’objet magnifique ci-dessous que j’ai négocié à mort dans une salle des ventes !

Les tuiles chinoises sont faites en terre grisâtre, la même que les briques, souvent peu cuites. Elles sont de forme demi-canal pour assurer le bon écoulement de l’eau lors des fortes pluies.

Les tuiles fabriquées en terre cuite émaillée et colorée, sont alternativement concaves et convexes. Pour finir le bord du toit et protéger les chevrons, des tuiles spéciales sont produites avec un embout. Ce dernier possède souvent un motif ou un caractère.

Il est courant que les tuiles d'arêtes soient ornées d'une tête de chimère pour les bâtiments importants. Sur les tuiles d’arêtes des nombreuses toitures de la cité interdite, à PEKIN, mais également de temples (comme le temple des Lamas) on aperçoit des figurines en terre vernissée, perchées sur les angles. Ces figurines sont des animaux ou des personnages mythiques, censés protéger les bâtiments des esprits malfaisants.

On trouve trois couleurs :

Les tuiles jaunes uniquement destinées aux palais de l'empereur. Le jaune fut pendant plus de 2000 ans interdit à tout autre que le fils du ciel. Cette couleur représente l'autorité centralisée de l'Empereur sur l'Empire et symbolise la terre.

Les tuiles bleues, qui évoquent le ciel. Le temple du Ciel à Pékin est un exemple.

Enfin, les tuiles vertes qui sont pour les autres usages, temples, monastères, pagodes, palais princiers et bâtiments administratifs importants.

La mienne ne devait orner qu'un modeste temple...à moins qu'elle ne vienne de la petite pagode de l'Oie Sauvage, à XIAN, on peut rêver!...

17 novembre 2008

Les Chameaux bâtés

Par Joël, lundi 17 novembre 2008 à 03:59 dans Terre-cuites chinoises

De temps en temps apparaissent sur le Marché très spécialisé de l’archéologie chinoise des objets qu’on n’a pas l’habitude de voir couramment.

Phénomène de mode ou ouverture de tumulus ?

J’ai fais un billet sur les chameaux il y a déjà quelques temps, et ceux que je vous présente aujourd’hui étaient à l'époque relativement rares.

Il s’agit de chameaux bâtés, agenouillés et se relevant. Sur le manteau de selle, toujours ovale, on trouve de chaque côté les longues planches du bât ainsi que des tapis, du gibier ou de la marchandise. Quelques fois la gueule ouverte laisse apparaître les mâchoires.

Le premier est de l’époque QUI du Nord (550 – 577) et les 3 autres, d’après les tests de thermoluminescence, sont de la période WEI (386 – 557).

31 octobre 2008

L'armoire aux terre-cuites

Par Joël, vendredi 31 octobre 2008 à 00:07 dans Terre-cuites chinoises

Il y a un moment que je n'avais pas fait de billet sur les terre-cuites.

Panne d'inspiration ou bien tout a été dit?

J'ai acheté pour ma nouvelle demeure une armoire style indien et je viens d'y ranger quelques terre-cuites dont certaines ont fait l'objet d'un précédent billet (charriot et buffle, earth spirit, gourde, cavaliers, chevaux, stickmen, vase cocoon...)

Mais comme ma collection s'est agrandie au fil du temps, il a fallu que je me procure 2 autres étagères pour pouvoir loger tout ce beau monde.

Il me reste encore quelques poteries à récupérer au bureau, sans parler des objets qui m'attendent à la mer ou à la montagne...

Ah, passion, quand tu nous tiens!

19 avril 2008

Palanquin et porteurs MING

Par Joël, samedi 19 avril 2008 à 00:19 dans Terre-cuites chinoises

Les palanquins (ou « chaises à porteurs ») servaient à l’époque MING (1368-1643 ap.JC) de mode de déplacement pour les gens aisés, qui, en plus des porteurs, utilisaient bien souvent un cheval, un crieur, un maître de cérémonie et un palefrenier ; quelquefois, dans ce qu’on appelle un « cortège votif », on retrouve également des serviteurs et servantes et même des musiciens..

Mon ensemble, constitué classiquement d’un palanquin et de quatre porteurs, est, comme la plupart de ceux qui ont été exhumés, en terre cuite à glaçure verte et caramel; bien entendu il manque les montants d’origine, vraisemblablement en bois, servant à soulever et transporter le palanquin, mais mon vendeur a contourné le problème en bricolant des montants en fer; peut-être que ceux-ci traverseront mieux les siècles!

24 mars 2008

Pot à vin, chamanique et bisexuel !

Par Joël, lundi 24 mars 2008 à 00:51 dans Terre-cuites chinoises

On trouve encore dans les tumulus pas mal de poteries qui remontent à l’époque néolithique , plus particulièrement aux trois grandes étapes du développement de la culture chinoise : MAJIAYAO, BANSHAN et MACHANG.

Je vous présente aujourd’hui un pot à vin, qui remonte à la période Machang (2300 – 2000 av. JC) et qui a la particularité de représenter un personnage debout, bisexuel, moulé sur le goulot et sur le galbe ; en principe ces poteries sont peintes avec des motifs géométriques ou des motifs animaliers mais elles présentent rarement un personnage en relief.

Cet objet est d’autant plus intéressant qu’il s’agit d’un objet à caractère chamanique, dédié au culte « « hermaphrodique » : dans le chamanisme, les hermaphrodites sont soupçonnés d’être des mediums entre le ciel et la terre, les dieux et les hommes..

La tête, qui repose sur le goulot, possède les 5 organes sensoriels : les yeux, les oreilles, le nez, les lèvres et la langue ; les 4 membres sont placés sur le corps du vase, les mains reposent sur le ventre ; dans la partie inférieure, au-dessous du ventre, on devine la représentation des organes sexuels masculin et féminin ; on le voit mal sur les photos, mais à l’arrière du goulot sont peints de longs cheveux avec une grenouille ; il m’a été dit –mais je n’ai pas pu en vérifier la source- que la grenouille symbolisait le chamane dans ses incantations…